Hausse du gazole : la guerre en Iran et le blocage du détroit d’Ormuz font grimper les prix du carburant, quelles solutions pour le TRM ?
Transport routier de marchandises · Carburant · Mix énergétique · Hausse du gazole
Une hausse du gazole inédite ! En 2026, le prix du gazole s’est envolé de +20 % en seulement deux mois, sous l’effet d’une double pression géopolitique inédite : le conflit armé en Iran et la fermeture du détroit d’Ormuz, verrou stratégique par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial. Pour les transporteurs routiers de marchandises (TRM), cette hausse brutale du carburant met directement en péril la trésorerie des entreprises, déjà fragilisées par trois années d’activité difficile. Face à cette dépendance chronique au gazole, des acteurs comme DUPESSEY&CO proposent une réponse structurelle : le mix énergétique.
Partie 1 : Contexte géopolitique : pourquoi le prix du gazole explose
1.1 La guerre en Iran : une hausse du gazole inédite
Depuis le déclenchement du conflit armé en Iran, les marchés pétroliers mondiaux vivent sous haute tension. L’Iran est l’un des principaux producteurs de brut au monde classé régulièrement dans le top 5 de l’OPEP avec une production avoisinant les 3,4 millions de barils par jour (mb/j) en période normale. La guerre a provoqué une disruption majeure de cette production, faisant craindre aux marchés une réduction drastique de l’offre mondiale.
Ce type de choc géopolitique est historiquement l’un des plus déstabilisants pour le prix du baril. Les traders et spéculateurs anticipent immédiatement la raréfaction du brut, ce qui entraîne une hausse mécanique des cours sur les marchés à terme (WTI, Brent). Cette prime de risque géopolitique se traduit directement dans le prix à la pompe, et donc dans le coût du gazole pour les professionnels du transport.
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+20 % Hausse du gazole en 2 mois |
3,4 Mb/j
Production iranienne perturbée |
20 % Du pétrole mondial via Ormuz |
1.2 Le détroit d’Ormuz fermé : la gorge pétrolière mondiale étranglée
Le détroit d’Ormuz est souvent qualifié de « choke point » (point d’étranglement) le plus critique de la planète pour l’approvisionnement énergétique mondial. Large d’à peine 33 km en son point le plus étroit, il relie le golfe Persique au golfe d’Oman et à l’océan Indien. C’est par ce bras de mer que transitent chaque jour environ 20 millions de barils de pétrole brut et de produits raffinés, soit près de 20 % de la consommation mondiale.
Parmi les pays dont les exportations dépendent du détroit d’Ormuz, on retrouve l’Arabie Saoudite, les Émirats Arabes Unis, l’Irak, le Koweït et le Qatar. La fermeture — même partielle ou temporaire — de cette voie de passage entraîne une tension immédiate sur les capacités mondiales de raffinage et d’approvisionnement en gazole.
Indicateurs clés : Impact de la fermeture du détroit d’Ormuz
- ~20 millions de barils/jour transitaient via Ormuz avant la crise
- Représente 20 % du commerce mondial de pétrole
- Le prix du baril Brent a bondi : +35 à +45 % depuis le déclenchement du conflit
- Le gazole professionnel (B7) a atteint des niveaux records en Europe
- Les stocks stratégiques européens mobilisés (AIE)
1.3 Prix du baril en hausse : les indicateurs à surveiller
La crise au Moyen-Orient se lit directement dans les courbes des marchés à terme. Voici les principaux indicateurs qui reflètent la tension sur le prix du gazole :
Le Brent (ICE) — Référence européenne du brut
Le baril de Brent est la référence mondiale pour le pétrole européen. Depuis le déclenchement du conflit, il a progressé de façon significative, passant de niveaux autour de 75-80 $/baril à des pics dépassant les 100-110 $/baril. Cette hausse du brut se répercute mécaniquement sur le prix du gazole à la raffinerie, puis à la pompe.
Le crack spread gazole/brut — Indicateur de tension sur les produits raffinés
Le crack spread mesure l’écart de prix entre le pétrole brut et ses dérivés raffinés (dont le gazole). En période de forte demande ou de tension sur les approvisionnements, cet écart se creuse — signe que les raffineries peinent à satisfaire la demande. Dans le contexte actuel, le crack spread gazole a fortement augmenté, amplifiant la hausse du prix final du carburant au-delà du seul effet « cours du brut ».
L’indice CNR — Référence française pour les transporteurs
Le Comité National Routier (CNR) publie mensuellement son indice gazole professionnel, qui sert de référence officielle pour le mécanisme de répercussion carburant en France. Cet indice intègre le prix du gazole hors taxe, le coût de la fiscalité et les éventuelles ristournes professionnelles. En période de hausse brutale comme celle que nous traversons, l’indice CNR accuse un retard structurel qui fragilise davantage la trésorerie des transporteurs.
Partie 2 : Impacts de la hausse du gazole sur le Transport Routier de Marchandises (TRM)
Si les premières tensions liées à la crise au Moyen-Orient se sont fait sentir sur le fret aérien et maritime, le transport routier de marchandises est désormais directement exposé à cette hausse du gazole. Le secteur TRM, déjà sous pression depuis plusieurs années, subit de plein fouet une flambée à la fois brutale et exceptionnelle.
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2.1 Le carburant : 30 % des coûts de revient des transporteurs
Dans la structure de coûts d’un transporteur routier, le carburant occupe une place prépondérante. Il représente en moyenne près de 30 % des coûts de revient totaux — devant la main-d’œuvre, les péages, l’entretien du matériel ou encore l’assurance. C’est le premier poste de charge variable, et donc le plus sensible aux fluctuations des cours pétroliers.
Une hausse de +20 % du gazole à la pompe en deux mois, comme celle enregistrée depuis le début de la crise iranienne, représente donc une augmentation directe d’environ +6 points sur le coût de revient total d’un transporteur. Pour une entreprise dont la marge nette se situe entre 1 % et 3 %, c’est tout simplement insoutenable sans mécanisme d’ajustement rapide.
2.2 Le mécanisme de répercussion carburant : utile mais insuffisant
En France, le secteur du transport routier bénéficie d’un mécanisme légal obligatoire de répercussion des coûts du carburant. Instauré par la loi Gayssot et renforcé par la loi Grenelle II, ce dispositif impose aux chargeurs (clients des transporteurs) d’accepter la révision du prix contractuel en cas de variation significative du cours du gazole.
En théorie, ce mécanisme protège les transporteurs d’une hausse du carburant non anticipée. En pratique, il présente plusieurs limites dans le contexte actuel :
- Un retard d’indexation : les clauses de révision sont souvent mensuelles ou trimestrielles, créant un décalage temporel entre la hausse réelle et sa compensation contractuelle.
- Des résistances commerciales : certains chargeurs renégocient ou refusent d’appliquer les révisions, notamment dans un contexte de relations commerciales sous pression.
- Une hausse trop rapide : la vitesse de la flambée actuelle (+20 % en deux mois) dépasse le rythme d’adaptation des contrats et des index de référence.
- Des entreprises déjà fragilisées : avec des marges historiquement basses, même un décalage de quelques semaines peut suffire à mettre une trésorerie en défaut.
2.3 Un secteur TRM déjà en souffrance
La hausse du prix du gazole survient dans un contexte sectoriel particulièrement préoccupant. Le transport routier de marchandises traverse une période de grande fragilité structurelle :
État du secteur TRM en France : Signaux d’alerte
- Activité morose depuis trois ans : les volumes transportés stagnent ou reculent depuis 2022, sous l’effet du ralentissement économique européen.
- Niveau de défaillances inédit en 30 ans : les faillites d’entreprises de transport atteignent des sommets historiques, touchant prioritairement les PME et TPE.
- Début d’année perturbé : entre grèves, mouvements sociaux et tensions commerciales avec l’Europe, les premiers mois de l’année ont aggravé les déséquilibres.
- Trésorerie sous pression : la combinaison « hausse des charges + stagnation des prix de vente » comprime les marges au point de rupture pour de nombreuses entreprises.
Dans ce contexte, la hausse brutale du gazole agit comme un révélateur des faiblesses structurelles d’un secteur trop longtemps dépendant d’une seule source d’énergie. La question n’est plus seulement de savoir comment répercuter la hausse, mais bien comment en sortir structurellement.
Partie 3 : La solution DUPESSEY&CO : le mix énergétique pour sortir de la dépendance au gazole
Face à une hausse du gazole qui n’est plus conjoncturelle mais structurelle, la réponse ne peut plus être uniquement défensive. Elle doit être stratégique. C’est précisément la vision que porte DUPESSEY&CO à travers son approche de mix énergétique complet pour le secteur du transport et de la logistique.
3.1 Sortir de la dépendance au gazole : une nécessité stratégique
La crise iranienne et la fermeture du détroit d’Ormuz illustrent parfaitement le risque systémique que représente la dépendance exclusive au gazole pour les entreprises de transport. Quand une seule énergie représente 30 % de vos coûts et que son prix est dicté par des conflits géopolitiques à 5 000 kilomètres, votre rentabilité n’est plus entre vos mains.
Le mix énergétique, c’est précisément la rupture avec ce modèle de vulnérabilité. Il s’agit de diversifier les sources d’énergie utilisées par la flotte de véhicules, pour réduire l’exposition aux chocs pétroliers tout en répondant aux impératifs de la transition énergétique.
3.2 Le mix énergétique DUPESSEY&CO : une réponse face à la hausse du gazole
Investir dans les nouvelles énergies alternatives est primordial. En 2024, DUPESSEY&CO conscient des enjeux climatiques, continue de développer son mix énergétique afin de favoriser l’utilisation d’énergies propres. En intégrant davantage des énergies renouvelables, nous réduisons peu à peu notre dépendance aux énergies fossiles, principales responsables des émissions de gaz à effet de serre et des crises internationales comme la guerre en Iran. Nous avons ainsi engagé des moyens importants pour développer un mix énergétique complet. En parallèle, nous suivons de près les avancées technologiques dans le domaine des biocarburants afin de pouvoir intégrer ces solutions à plus long terme. Notre mix énergétique est aujourd’hui composé de :
- B100
- HVO
- Électrique
- GNC- BioGNC
Pour en savoir plus, découvrez notre dernier rapport RSE : Rapport RSE 2024 – français

Conclusion
La hausse du gazole provoquée par la guerre en Iran et le blocage du détroit d’Ormuz n’est pas une crise comme les autres. Elle révèle, de manière brutale, la vulnérabilité systémique d’un secteur TRM qui n’a pas d’autre choix que de se réinventer. Le mécanisme de répercussion carburant, aussi utile soit-il, ne peut suffire à absorber des chocs aussi violents et rapides.
La réponse structurelle, c’est le mix énergétique. En diversifiant leurs sources d’énergie, les transporteurs réduisent leur exposition aux aléas géopolitiques, améliorent leur prévisibilité budgétaire et anticipent les contraintes réglementaires à venir.
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Sources : Union TLF / Olivier Poncelet – Les Échos | CNR – Indices gazole professionnel | OPEP – Données de production iranienne
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